L’ostéopathie en terre Ayuverdique

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Maïthri Mandir (Maison de l’amitié) est un lieu situé dans le Kerala au Sud de l’Inde, basé sur l’échange et la solidarité. Son fondateur Sarva Atma a fait de son association un centre de formation qui remplit de multiples fonctions au prés des habitants de son village (Nedungolam):
Emancipation par le travail et apprentissage pour les femmes.
Dignité retrouvée pour les hommes dans un pays où toute réalisation personnelle est bridée par le déterminisme des origines et le fatalisme du karma.
Cette économie locale s’est construite autour d’un centre qui accueille principalement des Français pour des cures ayurvédiques.

Un jardiner s’occupe des plantes nécessaires au traitement, des cuisinières préparent des plats adaptés pour chacun selon les règles de la médecine ayurvédique, des médecins qui prescrivent des soins en fonction des informations recueillies lors d’anamnèses très poussés, et des masseurs qui par leurs traitements vont participer à la détoxication, pierre angulaire de la cure ayurvédique.
Dans cette édifice de soin chaque acteur se sent responsable de sa partie et donne le meilleur de lui-même, la hiérarchie est abolie, le jardinier et les cuisinières sont aussi importants que les médecins du Centre. C’est peut-être cela que l’on ressent, un mélange d’autogestion collective et d’harmonie.
C’est dans ce contexte que mes cours ont commencé d’autant plus favorablement que la salle est perchée au niveau des cocotiers où les bruits de la forêt tropicale deviendront de plus en plus familiers. Lire la suite

L’ÊTRE EN MOUVEMENT

Le mouvement est l’expression de la vie, voilà un postulat que personne ne peut remettre en cause mais encore faut-il pouvoir illustrer ce propos et le mettre en perspective. L’auteur : Eric Delion ostéopathe diplômé d’ethnologie et surfeur, va nous guider à travers son livre pour nous permettre de penser l’être en mouvement.

Une entreprise audacieuse qui commence par un rappel des origines de l’ostéopathie et des grands principes énoncés par A. Still, qui n’a eu de cesse de rechercher les expressions du mouvement et sa présence dans le corps humain.
« Le découvreur » de l’ostéopathie comme il aimait à se définir, a élevé cette pratique vers une démarche philosophique se référant aux lois universelles qui régissent l’ensemble des êtres vivants; et pas seulement à un ensemble de techniques ni à une méthode de soin. Sutherland a ensuite enrichi la découverte de de Still en conceptualisant la notion d’immobilité dynamique à travers le modèle crânien.

L’auteur souligne que les différentes étapes de son cheminement intellectuel sont exemplaires car elles sont le chemin que suit l’ostéopathie depuis toujours: la structure – la sphère crânienne – le concept du mouvement respiratoire primaire – la palpation qui devient perception – notion d’écoute fluidique- et enfin les voies énergétiques, spirituelles qui font l’être humain.
Sentir ce rythme commun à chaque individu demande des mains aussi légères que possible surement une des clefs essentielles du traitement ostéopathique.
L’auteur oppose le monisme qui place l’individu comme étant l’émanation d’un tout unique composé de l’univers, du cosmos et du monde, et le dualisme cartésien qui sépare le monde physique et le monde psychique et spirituel.
Les changements profonds s’opèrent d’abord au niveau de l’individu et se propagent par la suite à l’ensemble du corps social, cela doit nous rappeler un des principes de l’ostéopathie : la correction d’une simple unité vertébrale peut rééquilibrer l’ensemble du corps .
Dans cette démarche l’auteur évoque les philosophies orientales entre autres le bouddhisme, sa pratique à travers la méditation, pour vivre mieux avec soi et son environnement, véritable plaidoyer d’une « économie » plus écologique soucieuse de l’harmonie de l’homme avec lui-même et le monde.

En énonçant certains principes simples qui consistent à relativiser le bien et le mal, il rapproche l’expérience de Sutherland de la pratique méditative faite de silence intérieur pour atteindre la connaissance.
L’ouvrage nous invite à rechercher la vérité qui est forcément en nous et non pas dans la comparaison avec l’autre. Par extension la recherche de la lésion, de l’immobilité ne se fait pas sans l’union de la main et de l’esprit. Lire la suite