Du bon usage de l’ostéopathie

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C’est un titre un peu désuet mais il veut signifier qu’il existe un « bon usage » c’est-à-dire une pratique capable de soulager un patient assez durablement sans effets secondaires. Pour que cela soit possible, il faut la conjonction de plusieurs facteurs, que je vous propose de nommer. Au début –et bien sur dans l’idéal !- il faut un « bon patient » coopératif et confiant parce qu’éclairé sur ce qu’est l’ostéopathie et n’a pas trop subi les effets désastreux des mythologies ridicules qui circulent dans certains milieux sur le sens de l’ostéopathie ! La méconnaissance des bases de notre discipline dans l’esprit des personnes que nous soignons laisse flotter un parfum d’ésotérisme, et l’idée toute aussi nuisible qu’elle échapperait aux règles classiques de la rationalité.   Continuer la lecture de Du bon usage de l’ostéopathie 

La mémoire du futur

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L ‘ostéopathie est une pratique qui n’échappe pas à l’intuition pour s’exercer efficacement. Comme si le mot dont la définition latine est de regarder attentivement, avait été inventé en pensant à notre pratique. Cette action de deviner avant de démontrer est souvent le point de départ de tout traitement. Un instinct qui va se densifier lors du déroulement de la séance et nous permettre de voir plus clair.

Tout a bien commencé par une intuition, lorsque A. Still a eu l’idée de manipuler une vertèbre pour guérir un patient. Ensuite, la théorie faite d’empirisme et de savoir médical est venue la conforter. Cette inspiration n’est par arrivé par hasard, elle s’est nourrie de connaissance anatomique poussée et d’une observation sans faille des malades de A. Still .
Il ne faut pas penser que derrière le terme intuition, il y a une faculté supra-intellectuelle, l’intuition est un effort qui consiste à se débarrasser du superflu pour aller à l’essentiel, les philosophes (Bergson ) parlent d’expérience pure. Ce mode de connaissance directe est bien utile pour nous ostéopathe, car il nous permet de voir ce que les autres ne voient pas ou plutôt ne veulent pas voir.  Continuer la lecture de La mémoire du futur 

L’OSTEOPATHIE EN TERRE AYUVERDIQUE

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Maïthri Mandir (Maison de l’amitié) est un lieu situé dans le Kerala au Sud de l’Inde, basé sur l’échange et la solidarité. Son fondateur Sarva Atma a fait de son association un centre de formation qui remplit de multiples fonctions au prés des habitants de son village (Nedungolam):
Emancipation par le travail et apprentissage pour les femmes.
Dignité retrouvée pour les hommes dans un pays où toute réalisation personnelle est bridée par le déterminisme des origines et le fatalisme du karma.
Cette économie locale s’est construite autour d’un centre qui accueille principalement des Français pour des cures ayurvédiques.

Un jardiner s’occupe des plantes nécessaires au traitement, des cuisinières préparent des plats adaptés pour chacun selon les règles de la médecine ayurvédique, des médecins qui prescrivent des soins en fonction des informations recueillies lors d’anamnèses très poussés, et des masseurs qui par leurs traitements vont participer à la détoxication, pierre angulaire de la cure ayurvédique.
Dans cette édifice de soin chaque acteur se sent responsable de sa partie et donne le meilleur de lui-même, la hiérarchie est abolie, le jardinier et les cuisinières sont aussi importants que les médecins du Centre. C’est peut-être cela que l’on ressent, un mélange d’autogestion collective et d’harmonie.
C’est dans ce contexte que mes cours ont commencé d’autant plus favorablement que la salle est perchée au niveau des cocotiers où les bruits de la forêt tropicale deviendront de plus en plus familiers. Continuer la lecture de L’OSTEOPATHIE EN TERRE AYUVERDIQUE 

L’ÊTRE EN MOUVEMENT

Le mouvement est l’expression de la vie, voilà un postulat que personne ne peut remettre en cause mais encore faut-il pouvoir illustrer ce propos et le mettre en perspective. L’auteur : Eric Delion ostéopathe diplômé d’ethnologie et surfeur, va nous guider à travers son livre pour nous permettre de penser l’être en mouvement.

Une entreprise audacieuse qui commence par un rappel des origines de l’ostéopathie et des grands principes énoncés par A. Still, qui n’a eu de cesse de rechercher les expressions du mouvement et sa présence dans le corps humain.
« Le découvreur » de l’ostéopathie comme il aimait à se définir, a élevé cette pratique vers une démarche philosophique se référant aux lois universelles qui régissent l’ensemble des êtres vivants; et pas seulement à un ensemble de techniques ni à une méthode de soin. Sutherland a ensuite enrichi la découverte de de Still en conceptualisant la notion d’immobilité dynamique à travers le modèle crânien.

L’auteur souligne que les différentes étapes de son cheminement intellectuel sont exemplaires car elles sont le chemin que suit l’ostéopathie depuis toujours: la structure – la sphère crânienne – le concept du mouvement respiratoire primaire – la palpation qui devient perception – notion d’écoute fluidique- et enfin les voies énergétiques, spirituelles qui font l’être humain.
Sentir ce rythme commun à chaque individu demande des mains aussi légères que possible surement une des clefs essentielles du traitement ostéopathique.
L’auteur oppose le monisme qui place l’individu comme étant l’émanation d’un tout unique composé de l’univers, du cosmos et du monde, et le dualisme cartésien qui sépare le monde physique et le monde psychique et spirituel.
Les changements profonds s’opèrent d’abord au niveau de l’individu et se propagent par la suite à l’ensemble du corps social, cela doit nous rappeler un des principes de l’ostéopathie : la correction d’une simple unité vertébrale peut rééquilibrer l’ensemble du corps .
Dans cette démarche l’auteur évoque les philosophies orientales entre autres le bouddhisme, sa pratique à travers la méditation, pour vivre mieux avec soi et son environnement, véritable plaidoyer d’une « économie » plus écologique soucieuse de l’harmonie de l’homme avec lui-même et le monde.

En énonçant certains principes simples qui consistent à relativiser le bien et le mal, il rapproche l’expérience de Sutherland de la pratique méditative faite de silence intérieur pour atteindre la connaissance.
L’ouvrage nous invite à rechercher la vérité qui est forcément en nous et non pas dans la comparaison avec l’autre. Par extension la recherche de la lésion, de l’immobilité ne se fait pas sans l’union de la main et de l’esprit. Continuer la lecture de L’ÊTRE EN MOUVEMENT 

HTA ET OSTEOPATHIE

OSTHEOPATHIE ET HYPERTENSION ARTERIELLE      ArteryArtery

La tension artérielle, c’est deux chiffres qui en disent long sur la santé de l’individu. Plus exactement, derrière ces paramètres se cachent l’état du cœur et ses vaisseaux, du rein et sa surrénale. On y voit aussi le bon fonctionnement du système nerveux central et végétatif et en prime, la situation humorale. La tension artérielle doit être relativement stable, même si elle peut varier en fonction de l’age du sexe et de l’activité, pour assurer une bonne perfusion de tous les tissus. Elle fait partie des grandes constantes physiologiques au même titre que l’équilibre acido-basique, la température, la glycémie etc. Toute la difficulté est de la maintenir dans des normes acceptables pour assurer les grandes fonctions, cette régulation est un mécanisme complexe qui fait intervenir plusieurs systèmes que l’on peut examiner à la lumière de la médecine ostéopathique.

Hormis les situations d’urgence (hémorragie, infarctus …) où la pression artérielle peut chuter; ce qui domine en la matière est  l’hypertension artérielle (HTA) et selon l’OMS, on parle de tension élevée quand la pression systolique est supérieure à 150mn /hg et la pression diastolique supérieure à 90mn/hg. Les conséquences de l’HTA sont redoutables à long terme et posent un véritable problème de santé publique. Dans la grande majorité des cas, on ne retrouve pas de cause à cette HTA on parle alors d’hypertension essentielle. Ce trouble portant sur la régulation de la pression artérielle est différent d’une hypertension secondaire que l’on éliminera facilement avec des examens médicaux : cardiaque, examens sanguins, NFS, glycémie, dosage des hormones thyroïdiennes, dosage du cholestérol et de la créatinine, examen d’urine et s’il y a un doute, échographie du rein et écho-doppler des artères rénales. Ensuite, pour affirmer un caractère permanent d’HTA, plusieurs prises de tension seront effectuées à des moments différents et mieux un enregistrement sur 24H des pressions artérielles : mesure ambulatoire de pression artérielle (MAPA). Continuer la lecture de HTA ET OSTEOPATHIE 

MASCULIN FEMININ

Comparaison n’est pas raison »                 Masculin-Féminin

Vouloir établir une comparaison entre le traitement ostéopathique d’une femme et d’un homme ne donne pas le droit d’établir des règles. Mais tout de même, contrairement aux idées reçues les hommes sont sensibles, ils ont peur de la maladie et trouvent que les petits maux de dos ne sont pas dignes de leurs corps de héros grecs, ils sont taillés pour la tragédie pas pour le lumbago. Dans la salle d’attente déjà ils en rajoutent un peu, se tordent, se lèvent, se rassoient, vingt fois s’excusent. A ce moment, il s’agit alors de ne pas rater son entrée et tout de suite le rassurer, lui montrer que l’on connaît et reconnaît sa douleur dans sa singularité comme personne.

Début du deuxième acte : palpation, les mains travaillent se posent sur le sacrum, accrochent les lombaires, poussent sur les dorsales, ressenti comme un massage, l’homme se relâche… Il s’abandonne presque, cependant pas suffisamment pour utiliser une technique de  «soft tissus « (manœuvres douces rythmées sur les muscles). Il est préférable d’utiliser une technique structurelle plus précise, la vertèbre ou les segments osseux ayant perdu leur mobilité seront manipulés entre deux leviers, plus réflexe, la rapidité du geste permet un relâchement immédiat du spasme musculaire, plus intelligible, ainsi le patient conçoit mieux le geste thérapeutique et son corps réagit favorablement à la correction, chez l’homme plus sceptique que la femme c’est la règle. Chercher et traiter la lésion ostéopathique est le principe élémentaire de l’ostéopathie, mais encore faut-il créer les conditions pour y parvenir, malgré les réticences le plus souvent inconscientes du patient.

Ces occurrences nécessaires pour le traitement ostéopathique ne sont pas une question de genre, elles relèvent d’un dosage subtil entre connaissances scientifiques, expérience et savoir faire pour établir la confiance du patient envers son thérapeute. Continuer la lecture de MASCULIN FEMININ 

LA CHUTE

LA POSTURE COMME GUIDE DE TRAITEMENT                                        evolution-de-l-homme-humour

C’est un homme très actif de 65 ans passé, il est encore assez intrépide pour monter sur un toit et y faire des réparations. Il avait dû en mesurer le danger et ce n’était sûrement pas la première fois, mais cela ne l’a pas empêché de tomber de 5 mètres de haut. Passé la période de sidération allongé sur le dos, il a vite repris ses esprits et appelé à l’aide (on est venu le secourir) : les pompiers, l ‘hôpital, les examens… Passer au crible, on a rien trouvé aucune lésion ostéo-articulaire, du moins rien de visible aux imageries médicales. Il a pourtant beaucoup souffert, des douleurs très aiguës tout le long du dos, les antalgiques et les anti-inflammatoires en sont venus à bout .

Je le connais depuis des années, il a une grande vitalité, sportif, il jouait encore au rugby il y a peu de temps, il pratique le tennis régulièrement. Son allure était jeune, harmonieuse et tonique.

C’est un homme très différent que je reçois ce jour-là. Visiblement le choc a été très important et a déclenché une grande peur que je ressent en l’écoutant. A première vue sa posture a changé, il a adopté un -schéma postural dorsal- pour plus de clarté :de profil la tête est projetée en avant, le dos paraît plus courbé dans sa partie haute et le ventre plus relâché, le bassin semble bloqué, les genoux légèrement fléchis le tout en appui sur les talons. Il a perdu sa stature et si j’osai son apparence est devenu celle d’un homme de 80 ans. Il le sait car dans les yeux de ses proches il peut se voir comme dans un miroir. Pour compléter le tableau, il se sent très fatigué, a perdu l’appétit et quelques kilos, suite en partie à une fonte musculaire spectaculaire au niveau des ceintures.

Pourtant il n’est pas abattu car sa force vitale et son optimisme sont intacts et il ne m’est pas très difficile de le rassurer concernant la disparition de ses symptômes. Ce n’est pas le fait que les examens soient normaux mais plutôt la compréhension des réactions de son corps au traumatisme subi. En premier le choc et peut être la peur déclenchée qui fige littéralement tout le corps, bien sûre des contractures réflexes qui vont envahir le tableau clinique des premiers jours, mais ensuite quelque chose de plus subtil comme la sidération de l’axe cranio-sacré. L’occiput et le sacrum ne sont plus synchrones, cela va entraîner une multitude de réactions en chaîne : perturbation du système neuro-végétatif via la compression de l’occiput et le fonctionnement de la dixième paire crânienne, répercutions sur la mobilité du rachis cervical et l’homéostasie du corps. Ensuite la partie visible sera le changement de posture qui va obéir aux nouvelles lois d’équilibre imposées par le traumatisme et la répercussion du blocage de la charnière C0 C1 C2.

Cette nouvelle position du corps est l’addition des compensations nécessaires à la nouvelle assise à trouver et ceci ne se fait pas sans une consommation énergétique élevée(fatigue).

L’analyse de son système d’adaptation conduit à s’intéresser à toute la chaine pariétale : la première charnière cervicale et en particulier à l’occiput en extension (en compression) C7-D1, la quatrième dorsale T4 pour son rôle de pivot au carrefour des changements de courbure entre la lordose cervicale et la cyphose dorsale. L’augmentation de la cyphose au niveau des dorsales supérieures et la diminution au niveau inférieur va provoquer une tension du diaphragme ainsi qu au niveau de l’ abdomen (troubles respiratoires et constipation).

La première séance est essentielle, il faut tout d’abord réaffirmer le principe de guérison qui lie tous les soignants en montrant notre intention de faire du bien. Les mains vont transmettre cette volonté avec d’autant plus de conviction que l’on aura identifié le segment à traiter en priorité. Celui-ci sera choisi surtout pour sa capacité à provoquer une réaction favorable de l’ensemble du corps, dans ce cas la charnière occipito-atloidienne est un bon choix, en effet la chute l’a impacté et sa libération permettra un retour à l’équilibre. En effet dans cette lésion dite » positionnelle « la place de la partie supérieure du rachis cervical est prépondérante car ce segment va réagir aux forces traumatiques (chutes, coup du lapin …) d’une façon spécifique . Cette limitation de mobilité propre au choc brutal est très différente de celles survenus au cours des activités de tous les jours.

À la palpation cette notion de densité et de dureté des tissus retrouvés, signe la perte de mouvement dû à un traumatisme, arrêt net aux tests de mobilité avec sensation de blocage. C’est la réponse des tissus à un mouvement qui a dépassé les altérations normales de l’adaptation courante.

La nécessité de traiter le rachis cervical en premier s’impose de par la nature des muscles du triangle sous-occipital, véritable organe des sens pour l’équilibre postural de la tête et du reste du corps.

La manipulation unique en structurel avec une composante de décoaptation (l’idée étant une intervention minimale qui génère une réaction maximale) sera à la hauteur de l’événement traumatique pour véritablement inverser la position initiale du traumatisme.

Une seule intervention par une manipulation : la justification de ce choix est empirique mais au combien vérifié dans ce cas, l’homme que je revois quelques jours après le traitement se sent mieux, la tête n’est plus projeté en avant le dos est redressé et l’ensemble est bien plus tonique.

Les séances suivantes se focaliseront sur les vertèbres pivots, en utilisant des techniques fonctionnelles pour consolider le résultat et obtenir une nouvelle modification de la posture.

Écouter, palper, traiter et ensuite laisser faire, les premières injonctions sont de l’ordre de la connaissance scientifique, de l’expérience acquise avec l’indispensable intuition qui en résulte mais, savoir quand il faut arrêter un traitement et laisser le champs libre au corps pour qu’il réagisse, relève beaucoup plus de l’art que de la simple habileté.

LA GROSSESSE DANS TOUS CES ETATS

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La grossesse dans tous ses états

Au début comment incriminer la prise de poids, pour expliquer ces douleurs dorsales, elle vient comme d’ habitude consulter et ses doléances ne sont pas très éloignées de ses dernières visites, en apparence rien n’a changé .En réalité tout son corps est en train de se transformer, elle est enceinte de 7 semaines. Si elle ne le dit pas, personne ne peut s’en douter, même pas moi qui pourtant pose mes mains sur son ventre et observe sa posture. Pourtant quelque chose à changer à y regarder de plus prés, plus exactement en palpant, en touchant, on s’aperçoit que les articulations du rachis cervical au bassin sont moins denses et donnent une impression de souplesse.

Peut -être que mes mains sont influencées par l’association que je peux faire entre grossesse et imprégnation hormonale, avec un pic de relaxine circulante dès le début. Cette hormone a en autres des propriétés relaxantes sur les muscles et les ligaments, pour détendre les sacro-iliaques et la symphyse pubienne. Elle est secrétée dés les premières semaines car elle intervient dans la croissance de l’embryon. Les premiers symptômes observés puis décrits par la patiente lors du premier trimestre, intéressent le haut du dos : cervicalgie, maux de tête et de dos irradiant vers les côtes .l’action myorelaxante de la relaxine agit sur le rachis dans son ensemble et le rend plus sensible à la gravité. Pour soulager ces douleurs ont traitera en particulier les vertèbres qui veillent sur la posture, les charnières anatomiques et fonctionnelles (C7-T1, D3-D4, T9-T10) en s’assurant de leurs bonnes mobilités qualitatives et quantitatives. Tout au long de la grossesse on veillera à stabiliser cette colonne vertébrale. En utilisant toute la gamme des corrections ostéopathiques, le praticien s’adaptera aux différents états des articulations d’une femme enceinte, qui vont de l’hyper mobilité à la mobilité restreinte. Pendant ce premier trimestre, la patiente pourra être traitée assise ou sur le dos, la position sur le ventre ne sera utilisée qu’exceptionnellement.

Le ventre s’arrondi en même temps que le dos se creuse, le sacrum s’horizontalise, les douleurs suivent le centre de gravité, elles descendent, elles s’installent dans la région lombo-sacrée mais elles n’ont pas abandonné le haut du dos, elles peuvent résister. C’est le deuxième trimestre, peut- être le plus délicat, l’utérus augmente en volume vers le haut provoquant des troubles digestifs RGO ; vers le bas, pousse le ventre en avant et écrase la 5ème lombaire. Les lignes de force de la colonne vertébrale évoluent avec la nouvelle posture et semblent être à l’origine des douleurs qui ne quittent pratiquement plus ma patiente, qu’elle soit allongée ou debout. Ces transformations vont entrainer des troubles fonctionnels ou augmenter l’intensité des douleurs préexistantes. Continuer la lecture de LA GROSSESSE DANS TOUS CES ETATS 

La douleur en ostéopathie

« Comment ça va avec la douleur ? »

Expérience sensorielle et émotionnelle désagréable, on se sent tout de suite mieux avec une telle définition, mais pas le patient qui consulte en ostéopathie tant la douleur règne en maître. Elle est en effet le premier motif de consultation, quelle soit aigüe ou chronique, son « expérience » doit autant que possible ne pas se renouveler mais s’évanouir dans nos mains.

Pour cela l’ostéopathe doit apprendre à décoder la douleur. Au début de l’examen du patient, elle est simplement formulée, verbalisée : « j’ai mal au  bas du dos… etc. », c’est une douleur d’appel, cela demande beaucoup d’attention, elle peut cacher beaucoup de choses, c’est le premier fil à tirer. L’interrogatoire en précisera les contours. La palpation pourra apprécier son caractère profond ou superficiel en fonction de l’intensité de la pression exercée, et déterminer l’origine articulaire, musculaire ou cutanée. C’est l’enfance de l’art mais nous n’en sommes qu’au début. Continuer la lecture de La douleur en ostéopathie 

Ostéopathie et surf

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BON PIED BON OEIL

Je la regarde évoluer sur la crête de la vague, elle reste bien en haut pour garder de la vitesse, tout d’un coup change de direction pour descendre le plus rapidement possible la pente. Tout semble naturel, son corps la propulse à l’endroit où il faut. Sauf qu’à un moment mes yeux n’ont plus rien distingué, seulement un mouvement d’ensemble. Conjugaison de deux tracés celle de la vague qui déroule et celle du surfeur qui semble souligner le mouvement de celle-ci, pour ne jamais se rencontrer.

Moi, je l’ai rencontré lors d’une consultation, elle a fait l’inventaire de ses douleurs. Les épaules : tendinites à force de ramer, on passe. Le cou et surtout la jonction avec le thorax très sollicitée, imaginez : nager le crawl en puissance en gardant la tête toujours hors de l’eau. C’est ce que fait un surfeur en ramant pour prendre une vague avec le plus de vélocité possible. Condition essentielle pour ne pas être à la merci de la force sauvage de la houle. Continuer la lecture de Ostéopathie et surf 

Une émotion peut en cacher une autre

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Quatre ans et demi, c’est l’âge de Marion. Sa mère au téléphone m’a parlé ainsi :  » Marion a vécu une très forte émotion, elle n’a pas compris mon ordre et a traversé la rue sans regarder. La voiture n’a pas ralenti et heureusement Marion a continué vers l’autre trottoir en accélérant, le choc a été évité de très peu ».

Le mot est lâché « une très forte émotion » moi aussi je suis saisi quand la petite fille à peine allongée sur la table commence à raconter très calmement, et avec précision l’incident. Mes mains s’étaient posées naturellement à la base de son cou, englobant tout son thorax, des mains plutôt rassurantes. L’enfant parle, nous l’écoutons sa mère et moi, une fois le récit terminé je lui demande de dire ce qui ne va pas. Elle dit avoir du mal à s’endormir, se plaint de la tête et du ventre, la mère confirme et rajoute que juste après, la petite fille était tétanisée par la peur et ne pouvait pas parler. Les manifestations physiques sont apparues en fin de journée, l’insomnie quelques jours après.

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