Le journal du soir

Lire « Le Monde » papier livré à mon cabinet, une fiction, un fantasme, un espoir fou. Un patient a réussi à m’abonner. Je vais retrouver ce plaisir d’écarter les bras et plonger mes yeux vers l’horizon des lignes, une expérience tellement plus agréable que la lecture sur un écran de téléphone.
En fin d’après-midi, il va arriver, je vais le voir glisser sous la porte. J’attends presque impatient alors que la vieille cela n’existait pas, étrange conditionnement.
Il n’est jamais arrivé, je me suis replié naturellement vers le site du Monde et retrouver mes habitudes de lecture zapping frustrantes. 
Le lendemain matin, la gardienne est arrivée dans la salle d’attente et me l’a tendu avec un air amusé mi-agacé.  Je me suis retenu de lui dire que c’était trop tard que ce monde était déjà trop vieux. J’ai souris trop content de toucher le graal.
Sur mon bureau, ils ont commencé à s’empiler parfaitement pliés. En fait cela va trop vite toute cette intelligence condensée sur du papier, il faut respirer, souffler prendre un peu de temps. « Vous n’allez pas les collectionner quand même !», elle m’a dit cela, Fernanda. La gardienne parle d’expérience, cela fait des années qu’elle distribue ce journal dans cet immeuble tellement parisien et elle connaît les habitudes des abonnés plus exigeants envers les porteurs qu’avec eux-même. 
Ce côté snob parisien, je le repère plus facilement chez les autres que chez moi. Un journal du soir daté du lendemain c’est un signe de capitale, de privilèges, la province recule. Parfait pour le petit Rastignac venu des Landes. Du marqueur social à l’empreinte carbone, un journal papier est moins discret qu’un abonnement numérique mais au final peut-être moins émetteur de CO2, pour cela il faut le faire circuler et il n’émet qu’une fois lors de sa production. Je peux donc m’abandonner à cette pratique coupable et affronter le regard de Fernanda chaque matin en espérant que ce soit un jour, un soir.

Monter la dune

Monter la dune jusqu’à son sommet tout en arrondi, puis plonger vers la mer du moins du regard. Le champ visuel s’agrandi et on découvre le ciel, la mer, le sable, des couleurs différentes bien délimitées en apparence, mais ces frontières vont s’effacer si on marche vers elles. Quotidiennement je fais cette expérience, je vis dans les Landes au pied de la dune. 

Un ami artiste peint des carrés, des rectangles en couleurs, c’est toujours une expérience nouvelle devant ces tableaux, mêlant énigmatique et proximité. Quand je lui demande : alors tu peux m’en dire un peu plus sur ce que je vois, tu peux m’éclairer un peu ? Il répond c’est la forêt, la mer, la dune, le sable, l’horizon, le soleil. J’aurais pu m’en douter, il vit comme moi au pied de la dune et lui peut restituer ce que l’on voit quotidiennement. 

Pourquoi des formes géométriques totalement différenciées arrivent à restituer cette impression de fondue enchaînée du paysage que forme les plages landaises ? 

Devant un tableau censé rassembler la mémoire visuelle d’un coucher de soleil. Il me dit : « je fixe un coin du tableau, un carré de couleur plus clair et les autres détails apparaissent comme une continuité, c’est une porte d entrée du tableau. Mais on peut faire l’expérience inverse partir de l’ensemble et revenir au détail. Ce va-et-vient notre vision le fait tout le temps, pour mieux reconstituer un paysage. » Antoine pour représenter le réel peint des formes géométriques, les assemble leur donne des couleurs, je ne sais pas dans quel ordre.

Sait-il que l’on rentre dans ses tableaux comme quand on monte la dune pour aller voir la mer inlassablement ? 

La mémoire du futur

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L ‘ostéopathie est une pratique qui n’échappe pas à l’intuition pour s’exercer efficacement. Comme si le mot dont la définition latine est de regarder attentivement, avait été inventé en pensant à notre pratique. Cette action de deviner avant de démontrer est souvent le point de départ de tout traitement. Un instinct qui va se densifier lors du déroulement de la séance et nous permettre de voir plus clair.

Tout a bien commencé par une intuition, lorsque A. Still a eu l’idée de manipuler une vertèbre pour guérir un patient. Ensuite, la théorie faite d’empirisme et de savoir médical est venue la conforter. Cette inspiration n’est par arrivé par hasard, elle s’est nourrie de connaissance anatomique poussée et d’une observation sans faille des malades de A. Still .
Il ne faut pas penser que derrière le terme intuition, il y a une faculté supra-intellectuelle, l’intuition est un effort qui consiste à se débarrasser du superflu pour aller à l’essentiel, les philosophes (Bergson ) parlent d’expérience pure. Ce mode de connaissance directe est bien utile pour nous ostéopathe, car il nous permet de voir ce que les autres ne voient pas ou plutôt ne veulent pas voir.  Continuer la lecture

Du bon usage de l’ostéopathie

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C’est un titre un peu désuet mais il veut signifier qu’il existe un « bon usage » c’est-à-dire une pratique capable de soulager un patient assez durablement sans effets secondaires. Pour que cela soit possible, il faut la conjonction de plusieurs facteurs, que je vous propose de nommer. Au début –et bien sur dans l’idéal !- il faut un « bon patient » coopératif et confiant parce qu’éclairé sur ce qu’est l’ostéopathie et n’a pas trop subi les effets désastreux des mythologies ridicules qui circulent dans certains milieux sur le sens de l’ostéopathie ! La méconnaissance des bases de notre discipline dans l’esprit des personnes que nous soignons laisse flotter un parfum d’ésotérisme, et l’idée toute aussi nuisible qu’elle échapperait aux règles classiques de la rationalité.   Continuer la lecture

L’ÊTRE EN MOUVEMENT

Le mouvement est l’expression de la vie, voilà un postulat que personne ne peut remettre en cause mais encore faut-il pouvoir illustrer ce propos et le mettre en perspective. L’auteur : Eric Delion ostéopathe diplômé d’ethnologie et surfeur, va nous guider à travers son livre pour nous permettre de penser l’être en mouvement.

Une entreprise audacieuse qui commence par un rappel des origines de l’ostéopathie et des grands principes énoncés par A. Still, qui n’a eu de cesse de rechercher les expressions du mouvement et sa présence dans le corps humain.
« Le découvreur » de l’ostéopathie comme il aimait à se définir, a élevé cette pratique vers une démarche philosophique se référant aux lois universelles qui régissent l’ensemble des êtres vivants; et pas seulement à un ensemble de techniques ni à une méthode de soin. Sutherland a ensuite enrichi la découverte de de Still en conceptualisant la notion d’immobilité dynamique à travers le modèle crânien.

L’auteur souligne que les différentes étapes de son cheminement intellectuel sont exemplaires car elles sont le chemin que suit l’ostéopathie depuis toujours: la structure – la sphère crânienne – le concept du mouvement respiratoire primaire – la palpation qui devient perception – notion d’écoute fluidique- et enfin les voies énergétiques, spirituelles qui font l’être humain.
Sentir ce rythme commun à chaque individu demande des mains aussi légères que possible surement une des clefs essentielles du traitement ostéopathique.
L’auteur oppose le monisme qui place l’individu comme étant l’émanation d’un tout unique composé de l’univers, du cosmos et du monde, et le dualisme cartésien qui sépare le monde physique et le monde psychique et spirituel.
Les changements profonds s’opèrent d’abord au niveau de l’individu et se propagent par la suite à l’ensemble du corps social, cela doit nous rappeler un des principes de l’ostéopathie : la correction d’une simple unité vertébrale peut rééquilibrer l’ensemble du corps .
Dans cette démarche l’auteur évoque les philosophies orientales entre autres le bouddhisme, sa pratique à travers la méditation, pour vivre mieux avec soi et son environnement, véritable plaidoyer d’une « économie » plus écologique soucieuse de l’harmonie de l’homme avec lui-même et le monde.

En énonçant certains principes simples qui consistent à relativiser le bien et le mal, il rapproche l’expérience de Sutherland de la pratique méditative faite de silence intérieur pour atteindre la connaissance.
L’ouvrage nous invite à rechercher la vérité qui est forcément en nous et non pas dans la comparaison avec l’autre. Par extension la recherche de la lésion, de l’immobilité ne se fait pas sans l’union de la main et de l’esprit. Continuer la lecture

HTA ET OSTEOPATHIE

OSTHEOPATHIE ET HYPERTENSION ARTERIELLE      ArteryArtery

La tension artérielle, c’est deux chiffres qui en disent long sur la santé de l’individu. Plus exactement, derrière ces paramètres se cachent l’état du cœur et ses vaisseaux, du rein et sa surrénale. On y voit aussi le bon fonctionnement du système nerveux central et végétatif et en prime, la situation humorale. La tension artérielle doit être relativement stable, même si elle peut varier en fonction de l’âge du sexe et de l’activité, pour assurer une bonne perfusion de tous les tissus. Elle fait partie des grandes constantes physiologiques au même titre que l’équilibre acido-basique, la température, la glycémie etc. Toute la difficulté est de la maintenir dans des normes acceptables pour assurer les grandes fonctions, cette régulation est un mécanisme complexe qui fait intervenir plusieurs systèmes que l’on peut examiner à la lumière de la médecine ostéopathique.

Hormis les situations d’urgence (hémorragie, infarctus …) où la pression artérielle peut chuter; ce qui domine en la matière est  l’hypertension artérielle (HTA) et selon l’OMS, on parle de tension élevée quand la pression systolique est supérieure à 150mn /hg et la pression diastolique supérieure à 90mn/hg. Les conséquences de l’HTA sont redoutables à long terme et posent un véritable problème de santé publique. Dans la grande majorité des cas, on ne retrouve pas de cause à cette HTA on parle alors d’hypertension essentielle. Ce trouble portant sur la régulation de la pression artérielle est différent d’une hypertension secondaire que l’on éliminera facilement avec des examens médicaux : cardiaque, examens sanguins, NFS, glycémie, dosage des hormones thyroïdiennes, dosage du cholestérol et de la créatinine, examen d’urine et s’il y a un doute, échographie du rein et écho-doppler des artères rénales. Ensuite, pour affirmer un caractère permanent d’HTA, plusieurs prises de tension seront effectuées à des moments différents et mieux un enregistrement sur 24H des pressions artérielles : mesure ambulatoire de pression artérielle (MAPA). Continuer la lecture

MASCULIN FEMININ

Comparaison n’est pas raison »                 Masculin-Féminin

Vouloir établir une comparaison entre le traitement ostéopathique d’une femme et d’un homme ne donne pas le droit d’établir des règles. Mais tout de même, contrairement aux idées reçues les hommes sont sensibles, ils ont peur de la maladie et trouvent que les petits maux de dos ne sont pas dignes de leurs corps de héros grecs, ils sont taillés pour la tragédie pas pour le lumbago. Dans la salle d’attente déjà ils en rajoutent un peu, se tordent, se lèvent, se rassoient, vingt fois s’excusent. A ce moment, il s’agit alors de ne pas rater son entrée et tout de suite le rassurer, lui montrer que l’on connaît et reconnaît sa douleur dans sa singularité comme personne.

Début du deuxième acte : palpation, les mains travaillent se posent sur le sacrum, accrochent les lombaires, poussent sur les dorsales, ressenti comme un massage, l’homme se relâche… Il s’abandonne presque, cependant pas suffisamment pour utiliser une technique de  «soft tissus « (manœuvres douces rythmées sur les muscles). Il est préférable d’utiliser une technique structurelle plus précise, la vertèbre ou les segments osseux ayant perdu leur mobilité seront manipulés entre deux leviers, plus réflexe, la rapidité du geste permet un relâchement immédiat du spasme musculaire, plus intelligible, ainsi le patient conçoit mieux le geste thérapeutique et son corps réagit favorablement à la correction, chez l’homme plus sceptique que la femme c’est la règle. Chercher et traiter la lésion ostéopathique est le principe élémentaire de l’ostéopathie, mais encore faut-il créer les conditions pour y parvenir, malgré les réticences le plus souvent inconscientes du patient.

Ces occurrences nécessaires pour le traitement ostéopathique ne sont pas une question de genre, elles relèvent d’un dosage subtil entre connaissances scientifiques, expérience et savoir faire pour établir la confiance du patient envers son thérapeute. Continuer la lecture

La téléconsultation en ostéopathie

En période de confinement due à l’épidémie de Covid-19, la vidéo consultation en ostéopathie s’impose. A première vue cela paraît impossible, si on considère que seules les mains du praticien peuvent soulager. Mais revenons au principe de l’ostéopathie, redonner de la mobilité aux groupes articulaires qui en ont perdu. Ce retour à la normale permet au corps de recouvrer l’équilibre. Les symptômes peuvent disparaître, c’est la finalité de notre pratique. Tout commence par chercher cette partie du corps, restreinte en mobilité, responsable de la douleur, ensuite proposer des auto-corrections au patient pour normaliser le mouvement, cela sera comme téléguidé à distance.Les mouvements demandés effectués par le praticien et visualisés par le patient. Je me suis préparé comme si je devais recevoir une personne à mon cabinet, à la fois dans la présentation et dans la concentration toujours nécessaire pour soigner. Sur l’écran de mon ordinateur une fenêtre ouverte, un nom inscrit, une date, une heure. Message de doctolib : Le patient attend dans la salle d’attente. Tout a l’air normal, sauf que je vais avoir ma première consultation vidéo d’ostéopathe et je suis un peu dans l’inconnu comme une première fois.
– Bonjour comment allez vous?
– Bonjour Mr Lançon, j’ai mal entre les omoplates, la douleur est assez intense, peut me réveiller la nuit.
Je lui demande comment se passe le confinement pour lui et sa famille et après des questions classiques pour établir un diagnostic, j’imagine un traitement qui pourra le soulager. La base de celui-ci est la simplicité pour être bien compris, la correction fonctionnelle, une bonne manière de répondre à cette exigence. Pour être clair: proposer au patient de faire le mouvement libre sans douleur. C’est une première étape, faire respirer de façon à relâcher les muscles responsables du dysfonctionnement.
La salle d’attente est virtuelle, le face à face est réel, nous nous voyons et l’échange peut commencer: les mots vont remplacer les mains, ils sont explicites, précis, choisis. En ces temps où la moindre poignée de main est dangereuse, être soulagé sans être touché peut se révéler utile. La période est troublante, une relation thérapeutique même par écran interposé fait du bien, apaise, soutient.
À la fin de la séance le patient et le thérapeute vont se saluer, ils se disent merci en miroir.

Du bon usage de la kinésithérapie respiratoire

J’ai à peu prés oublié la moitié des choses que j’ai apprise pendant mes études de kinésithérapie et la moitié des choses apprises sont dépassées. Pour se consoler, on peut toujours lire le rapport de L ́ HAS (Haute Autorité de Santé) qui indique que la kinésithérapie respiratoire pour les enfants de moins d’1 an atteint de bronchiolite n’est plus indiqué, voire dangereuse, seulement inefficace ou les deux.

Le rapport est assez flou pour générer des confusions en particulier dans la presse suscitant des titres accrocheurs du style : « La fin de la Kiné respiratoire pour traiter les bronchiolites ». Lʼabsence d’étude scientifique sur les techniques de désencombrement du nourrisson est un des arguments de la Haute Commission pour justifier ces conclusions. Mais c’est aussi une opportunité à saisir pour nous kinésithérapeutes et ainsi prouver le contraire. La comparaison, ou plutôt l’absence de Kiné respiratoire pour les nouveaux nés dans les autres pays est noté également dans le rapport de HAS comme pièce à charge.

La France est un des seuls en Europe à pratiquer cette technique d’accélération du flux expiratoire pour aider nos bébés a mieux respirer. Serait-ce dû à l’obstination coupable de nos kinésithérapeutes ou bien à une réalité plus sociologique ? Dans notre pays les nouveaux nés sont très tôt en collectivités favorisant ainsi la transmission des germes, le VRS responsable de la bronchiolite étant très contagieux, les épidémies hivernales frappent souvent la France et une des réponses a été de développer la kinésithérapie respiratoire. Le drainage postural, vibration et clapping font partie du contingent oublié de mes études, ces techniques complètement dépassées sont pourtant évoquées par HAS et viennent discréditer un peu plus la kinésithérapie respiratoire. L’accélération du flux expiratoire qui a depuis longtemps remplacé les autres, doit être modérée voire douce selon les recommandations de l’HAS et de toute façon pas en milieu hospitalier plus précisément sur des bébés fragiles ayant une bronchiolite aiguë.

Je n’ai pas oublié mes années de pratique à l’hôpital St Vincent de Paul à Paris, les nourrissons très fragiles en détresse respiratoire, les services de réanimations, les grands prématurés et nous kinésithérapeutes auprès d’eux répondant aux demandes présentes des médecins pédiatres, réanimateurs ou chefs de services, nos techniques étaient douces et modérées adaptées à la fragilité de ces tout petits patients. Elles amélioraient leurs états, certes de façon transitoire mais toujours significative. Un des signes de la détresse respiratoire est nommé signe de lutte, pour capter de l’oxygène le bébé va véritablement combattre augmentant sa fréquence respiratoire, lʼouverture des ailes du nez, contracté les muscles inspirateurs accessoires (SCM), creusé la cage thoracique.

Dans ce contexte très impressionnant, la kinésithérapie est très utile en dégageant les voies ariennes supérieures, en accélérant le flux expiratoire pour permettre une meilleure ventilation des bronches. Les résultats cliniques et biologiques en attestent. Mais cependant l’HAS face à la demande de soins qui ne cesse de croître en période hivernale et la demande de réactualisation des soins de la part des médecins et pédiatres , propose des recommandations qui passent par la remise en question de la kinésithérapie respiratoire pour les cas les plus graves. On peut penser que les rédacteurs de ce rapport n’ont jamais vu de bébés atteints de bronchiolite avant et après une séance de kinésithérapie respiratoire. Ou peut être devant la fragilité de ces nourrissons et le risque d’ aggravation pendant les séances, les sages de cette commission préfèrent invoquer le principe de précaution. Nous devons les rassurer, le kinésithérapeute que se soit en milieu hospitalier ou en ville n’improvise jamais sa pratique, son expertise est essentielle pour gérer au mieux cette crise aiguë que traverse le nourrisson.

L’ostéopathie en terre Ayuverdique

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Maïthri Mandir (Maison de l’amitié) est un lieu situé dans le Kerala au Sud de l’Inde, basé sur l’échange et la solidarité. Son fondateur Sarva Atma a fait de son association un centre de formation qui remplit de multiples fonctions au prés des habitants de son village (Nedungolam):
Emancipation par le travail et apprentissage pour les femmes.
Dignité retrouvée pour les hommes dans un pays où toute réalisation personnelle est bridée par le déterminisme des origines et le fatalisme du karma.
Cette économie locale s’est construite autour d’un centre qui accueille principalement des Français pour des cures ayurvédiques.

Un jardiner s’occupe des plantes nécessaires au traitement, des cuisinières préparent des plats adaptés pour chacun selon les règles de la médecine ayurvédique, des médecins qui prescrivent des soins en fonction des informations recueillies lors d’anamnèses très poussés, et des masseurs qui par leurs traitements vont participer à la détoxication, pierre angulaire de la cure ayurvédique.
Dans cette édifice de soin chaque acteur se sent responsable de sa partie et donne le meilleur de lui-même, la hiérarchie est abolie, le jardinier et les cuisinières sont aussi importants que les médecins du Centre. C’est peut-être cela que l’on ressent, un mélange d’autogestion collective et d’harmonie.
C’est dans ce contexte que mes cours ont commencé d’autant plus favorablement que la salle est perchée au niveau des cocotiers où les bruits de la forêt tropicale deviendront de plus en plus familiers. Continuer la lecture